Au début des années 1870, le critique Philippe Burty nomme « japonisme » la vogue qui suit la réouverture du Japon au commerce. Estampes, soieries et kimonos gagnent les salons européens, et leurs motifs n'en sont plus repartis. Cet univers réunit des pièces de nuit en soie qui en gardent la trace : la grue, la feuille de ginkgo, et le dragon, venu de Chine, que nous disons d'inspiration asiatique.
Fermé à l'Occident vers 1600, le Japon rouvre au commerce dans les années 1850 ; le mot « japonisme » apparaît au début des années 1870, et ses motifs passent des salons aux soies de nuit.
Vers 1600
Le Japon se ferme
Le pays ferme ses portes à l'Occident pour deux siècles et demi.
Fin des années 1820
Les grues de Hokusai
Katsushika Hokusai grave des grues sur une branche de pin enneigée.
Années 1850
Le commerce reprend
Les estampes japonaises gagnent l'Europe et ses peintres.
Début des années 1870
Le mot « japonisme »
Le critique français Philippe Burty nomme la vogue qui gagne ateliers et salons.
1875
East India House
Arthur Liberty ouvre sa boutique de Regent Street : soieries d'Asie et kimonos.
1989
Un ginkgo pour Tokyo
Le 1er juin, Tokyo adopte un emblème en trois arcs, à la manière d'une feuille de ginkgo.
II.Lexique
Le vocabulaire japonisant
Japonisme
Mot attribué au critique Philippe Burty, au début des années 1870 : la vogue du Japon dans l'art et le décor européens.
Tsuru
La grue, en japonais ; sur la céramique, un signe de bonne fortune, de longévité, de bonheur et d'amitié.
Ginkgo
Arbre originaire de Chine, vénéré en Chine, en Corée et au Japon ; arbre officiel de Tokyo depuis 1996.
Kamon
Blason de famille japonais ; la feuille de ginkgo y figure parmi d'autres motifs.
Pyjama
Ensemble d'intérieur ou de nuit, veste ample et pantalon large ; le mot vient de deux termes hindis, la jambe et le vêtement.
Col cranté
Col qui forme un cran à sa jonction avec le revers, comme le col tailleur.
Inspiration asiatique
Notre mention pour les motifs de dragon, venus de l'art chinois : nous ne les disons pas japonais.
Des kimonos japonais traditionnels, des yukatas ni des costumes : l'univers réunit des pièces de nuit en soie de coupe européenne, imprimées de motifs venus du Japon ou, pour le dragon, de Chine.
IV.Note du cabinet
Grue, ginkgo, dragon : trois motifs, deux pays
La grue est japonaise : sur la céramique, elle dit la bonne fortune, la longévité, le bonheur et l'amitié ; Hokusai la grave, à la fin des années 1820, posée sur un pin enneigé.
Le ginkgo vient de Chine, mais le Japon en a fait un motif, jusque sur ses blasons de famille ; Tokyo l'a choisi pour arbre et pour emblème.
Le dragon, lui, est chinois : associé à l'empereur, il est réservé, sous les Qing, à sa forme à cinq doigts. Nous le présentons comme une inspiration asiatique, et jamais comme un motif japonais.
Une grue du Japon, un ginkgo de Chine devenu japonais, un dragon de la cour impériale.
À retenir
Le mot pyjama vient de deux termes hindis : pa(y), la jambe, et jamah, le vêtement.
Arthur Liberty a donné à sa première boutique le nom de l'ancien siège de la Compagnie des Indes orientales.
Des ginkgos ont survécu au séisme du Kantō en 1923 et à la bombe de Hiroshima en 1945.
V.Questions fréquentes
Le japonisant en cinq questions
Qu'est-ce que le japonisme ?
La vogue du Japon dans l'art et le décor européens après la reprise du commerce, dans les années 1850 ; le mot est attribué au critique Philippe Burty, au début des années 1870.
Ces pièces sont-elles japonaises ?
Non : ce sont des pyjamas, chemises de nuit et kimonos de coupe européenne, imprimés de motifs venus du Japon. Le dragon vient de Chine : nous le disons d'inspiration asiatique.
Que symbolise la grue au Japon ?
La bonne fortune, la longévité, le bonheur et l'amitié ; c'est un motif courant de la céramique japonaise.
16 ou 19 momme ?
Les pièces imprimées de grues sont en 19 momme, environ 82 g/m² ; les pièces à dragon et à ginkgo en 16 momme, environ 69 g/m², plus fines.
La livraison est-elle offerte ?
Elle est offerte dès 59 € d'achat chez le marchand ; les retours et les échanges sont possibles pendant un an.
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